Témoignages d'éleveurs de poules

Des poules qui vivent sur 7 hectares en liberté

Des poules qui vivent sur 7 hectares en liberté
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Poules en liberté chez YanVoici le témoignage de Yan qui élèvent des poules depuis une douzaine d’années maintenant. La particularité de son élevage, c’est que ses poules vivent sur 7 hectares de bois et de prés !

Il nous raconte comment son aventure avec les poules a commencé et de quelles façon il arrive à éviter trop de traitements préventifs préjudiciables aux défenses naturelles de nos poulettes.

Témoignage de Yan

Je suis passionné de volailles depuis fort longtemps, et j’ ai passé beaucoup de temps à lire diverses publications sur le sujet, habitant alors en ville et ne pouvant assouvir ma passion.

J’ ai finalement aménagé à la campagne il y a une douzaine d’ années dans un lieu assez privilégié (beaucoup d’ espace inexploité depuis 75 ans, donc complètement sauvage) avec une idée bien arrêtée quand au type d ‘élevage que je voulais mettre en place : créer une « race de poule » adaptée a mon terrain,  qui soit à la fois bonne pondeuse, bonne couveuse et bonne à manger.

J’ai d’abord construit le poulailler, dans la forêt à environ 20 mètres de la lisière, avec des matériaux de récupération : bois et tôle. Je sais que la tôle est poulaillerdéconseillée à cause de  l ‘effet four en été,  mais dans le bois il ne chauffe qu’avec le soleil d’hiver, les feuilles des arbres le gardant au frais tout l ‘été.

Ceci fait, je me suis mis en quête de mes fondateurs et fondatrices, en fonction des qualités que je souhaitais retrouver dans « mes » poules. J’ai donc acheté des poules de race de réforme, Faverolles pour la chair, Marans et Coucou de Rennes pour les œufs, Brahma pour la taille et la couvaison, La Flèche pour la rusticité,  plus des Pékins frisées qui m’ ont tapées dans l’œil chez  l’ éleveur ( trop mimis !). Mais aussi un magnifique coq Marans pour défendre  les poulettes et assurer la descendance.

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La première année

coqLa première année a été assez difficile mais je m’ y attendais : poules d’ un certain âge donc peu de ponte, couvaisons assez réussies avec une soixantaine de poussins mais une forte mortalité due aux peu de défenses immunitaires héritées de leurs mères, trop souvent traitées préventivement et peu sélectionnées pour leur résistances naturelles…

Bref à la fin de la saison il me restait une dizaine de poulets (3 coqs et 7 poules) issus des couvaisons, que je supposais donc les plus résistants et adaptés.

J’ai consommé deux des trois coqs et gardé le troisième pour seconder  mon coq Marans. J’ai aussi gardé toutes les poules.

J’ ai ensuite reproduit ce schéma les trois années suivantes avec de plus en plus de réussite, 80 poussins la deuxième année, avec 32 poussins vivants à la fin de la saison, et ainsi de suite.

Mon petit groupe de poules et coqs aujourd’hui

Aujourd’hui je possède 47 poules et 2 coqs, qui vivent sur le terrain, une forêt et deux champs séparés par une haie type bocage, 7 hectares au total (2 hectares de champ et 5 hectares de bois), eux-mêmes entourés par d’ autres bois qui ne m’ appartiennent pas.

Comment s’alimentent-elles dans 7 hectares à leur disposition ?

Au début de mon élevage, les premières poules que j’ ai acheté étaient très demandeuses de grain maïs et blé principalement, elles avaient tendance à délaisser les autres graines.  Elles mangeaient cinquante kilos de grain par semaine, c’est énorme pour une douzaine de poules !

Aujourd’hui elles ne « demandent » plus que 25 kilos de graines par semaine pour cinquante volailles (il y a une dinde que j ai acheté avant noël il y a cinq ans :Un beau panier rempli d'oeufs-)) et six pigeons qui vivent en liberté au « dessus de chez moi », ce qui est beaucoup plus économique et semble en plus beaucoup mieux leur réussir : je trouve tout au long de l’année entre douze et quarante œufs par jour selon la saison.

Je limite les couvaisons à une soixantaine de poussins par an, les seuls poussins que j’ ai perdu ses trois dernières années ont été le fait des prédateurs naturels (surtout un couple de faucons crécerelles qui niche dans le bois) et j’en ai dénombré seulement 11 en trois ans, se qui reste raisonnable.

Au fur et à mesure de mes observations, j ai constaté qu’elles exploitent toutes les parties du terrain de manière assez différente : le pré est parcouru de long en large assez méthodiquement par des lignes de poules qui chassent principalement des insectes que leur avancée coordonnée dérangent.

Elles mangent également beaucoup d’herbe qu’elles choisissent d’ ailleurs avec soin : jeunes pissenlits, pousses de chiendent et de nombreuses crucifères. La forêt est surtout grattée (le pied des arbres, les feuilles et les mousses) pour y dénicher des insectes toujours, mais également des petits cailloux et des coquilles d ‘escargots (et même  l’escargot entier leur plaît encore plus), ainsi que des vers. Quand à la haie, elles y trouvent des fruits et des graines : cormes sauvages, pommes et poires pourries (ou non d ‘ailleurs :-)), églantines, pyracantha, sureau et graminées qui poussent au pied de la haie. Elle leur sert également de perchoir et d’abri lorsqu’elles se reposent dans la journée. Elles adorent les branches basses enchevêtrées pour piquer un petit roupillon !

Les chiens veillent sur les poulesLes prédateurs

Une ou deux fois par an en moyenne, le renard emporte une poule qui a été trop téméraire et qui s’est aventurée un peu trop à l écart de son groupe, mais c’est rare. J’ai constaté que le reste du temps le coq du groupe reste aux aguets pendant que les filles mangent et « grince » à la moindre alerte ou au moindre bruit suspect.

Les trois chiens de la maison qui ont apparemment appris à reconnaître ce cri particulier, entrent alors en action en fonçant voir les poules et poursuivent l’intrus éventuel… qu’ils ne rattrapent jamais, mais qui du coup se montre à l’usage nettement moins entreprenant 🙂 !

Les traitements anti-maladies

Pour ce qui est des médicamentions elles sont réduites au minimum, il s’agit surtout de traitements prophylaxiques (mesures préventives) : contres les poux rouges, brûlage du poulailler deux fois par an au désherbeur thermique du sol au plafond, suivi d’ un chaulage (c’est souverain), un anticoccidien et un vermifuge une fois par an a l’ automne, bien que je n’ ai jamais constaté d’ infestation, ni dans les fientes, ni ailleurs.

Pour le reste, elles sont maintenant très résistantes, et surtout la grande surface dont elles disposent permet au sol de se renouveler et d’endiguer les proliférations de parasites et autres. Plus de maladies de « croissance » style Marek et autres joyeusetés !  Ni de coryza.

Mes poules et les autres animaux

Elles vivent en parfaite harmonie avec le reste de la maisonnée, un chat , trois chiens et deux chevaux dans un pré voisin, chacun tirant avantage les uns desChiens, chevaux, oies, côtoient les poules de Yan autres.

J’ai un groupe de poules, (toujours le même) qui s’est spécialisé plus particulièrement dans la chasse à courre. Elles passent une ou deux heures à suivre les deux chevaux pour profiter des insectes attirés par ceux ci, taons et autres mouches.  Les chevaux se couchent même parfois pour les laisser accéder à plus de « ressources », apparemment ils aiment ca 🙂 .

Les chiens dans la journée ne sont jamais loin des poules, dans l’espoir de coincer le goupil ! Ils sont contents de pouvoir dormir sans mouches pour les importuner.

Le chat lui, a établi ses quartiers (à part les dix heures par jour qu’il passe sur mon lit ) sur une souche a côté du poulailler d’où il guette les rongeurs inévitablement attirés par les volailles.

poule-et-son-poussinL’âge de mes poules

Mes poules les plus vieilles doivent avoir 12 ans (une Brahma et une Faverolles) ; elles ne pondent plus beaucoup mais sont des couveuses et des mères hors-pair, elles élèvent les poussins avec un grand zèle, elles les amènent partout, leur font découvrir toutes les ressources du terrain, les bons coins à bain de poussière…
Les autres ont entre 1 et 10 ans, et vivent joyeusement leur vie de volaille.

© Yan H.  pour Poule’s Club

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Poule's Club

Éleveuse familiale de poules depuis 2011, passionnée d'animaux et de nature, j'ai la chance de pouvoir allier mes connaissances en informatique à mes passions. Sur Poule’s Club, nous partageons avec vous l'expérience acquise au fil des années et les échanges que nous avons avec certains éleveurs professionnels. Je pense en particulier à Michel Audureau, qui a eu la gentillesse de nous transmettre son savoir.

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Marianne Roguet
Invité
Marianne Roguet

Bonjour, je viens de lire l’article de Yan H. Sur l’elevage de poules sur 7 hectares que j’ai trouvé fascinant. Serait-il possible d’avoir son contact pour plus d’informations voir venir visiter sa forêt à poule ? En vous remerciant par avance, Marianne Roguet. (marianne.roguet(at) laposte.net)

Kis
Invité
Kis

Bonjour,
excellent article !
Que faites vous de vos poules mortes ?

Laure Jardillier
Invité
Laure Jardillier

Bonjour J’habite au milieu de la foret en Sud Gironde, et j’ai un tout petit jardin. Je ne veux pas que mes poules picorent dans mon jardin, mais mon voisin m’autorise à laisser mes poules dans la foret si je ne clôture pas. Je voudrais installer la partie nuit / couvoir / nourriture dans une ancienne volière de 15m2 existant dans mon jardin, en limite de clôture, et que mes poules aillent picorer dans la forêt dans la journée. Je voudrais leur faire des espèces d’échelles, pour passer d’une zone à l’autre, en passant par dessus le grillage d’un mètre… Lire la suite »

Raphael
Invité
Raphael

Bonjour,

Merci pour votre retour d’expérience.

J’ai vu que vous preniez le temps de répondre aux questions des lecteurs, merci pour ça aussi.
Sans expérience, mes parents réfléchissent à prendre quelques poules.
Leur jardin est clôturé en grande partie, mais le fond du jardin donne sur une foret non entretenue et en pente abrupte (difficile de passer pour un humain à plusieurs endroits, à cause des ronciers et du dénivelé, avec des morceaux plus praticables, peut être moitié moitié).
Les poules vont elles aller se perdre là dedans, ou peut on espérer qu’elles vont savoir trouver un chemin sur ?

Jeanne Allard
Invité
Jeanne Allard

Bonjour, Article très intéressant que vous nous proposez là! J’ai une question, je cherche depuis des heures la réponse sur internet mais je ne la trouve pas ou ne sais pas où chercher. J’ai 8 grands prés avec des chevaux dedans (qui mesurent environ 1,5- 2 hectares chacun) et j’aurai aimé, lors de la rotation des pâtures une fois que les chevaux seraient partis, lâcher un grand nombre de poules dans le près (ou une partie de celui-ci dépendent du nombre de poules) afin que les poules mangent les vers et oeufs qui contaminent mes chevaux. Ce serait donc une… Lire la suite »

Deschamps
Invité

Bonjour,
Je viens de m’offrir 4 poules de Marans. Je suis un débutant en poules.
J’habite dans une ferme en Bourgogne ou il y a un beau poulailler.
J’ai un terrain en prairie de 1 hectare, entouré sur deux côté par du bocage.
J’aimerais savoir combien de temps faut il laisser les poules à l’intérieur du poulailler avant de les laisser sortir afin quelles puissent se balader en liberté sur la prairie?
Vais je réussir à les faire rentrer au poulailler ou vont elles disparaitre et ne jamais revenir?
Merci pour votre réponse…

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