Maladies des poules

Mort subite poule pondeuse ou coq : les causes possibles

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Il n’est pas rare de retrouver en pleine journée ou encore un matin, une de les causes possibles de la mort subite chez une pouleses poules pondeuses ou un coq mort subitement et sans raison apparente.

Mal vécu par les éleveurs, ce triste événement imprévisible le plus souvent, est donc pourtant courant dans nos basses-cours.

Chez Poules’ Club, nous y avons été confrontés 3 fois depuis 2011. À chaque fois il s’agissait de sujets en apparente bonne santé, qui la veille encore picorait tranquillement dans leur parcours sans présenter aucun symptôme  alarmant.

Nous allons voir dans cet article les causes possibles d’une mort subite chez la poule ou le coq en nous appuyant sur des informations issues d’un ouvrage vétérinaire.

Les causes possibles de mort subite chez une poule ou un coq

Dans son livre Mes poules en bonne santé. Comment reconnaître, prévenir et traiter leurs maladies, le Docteur vétérinaire Jeanne Brugère-Picoux détaille parfaitement les différentes causes de la mort subite des volailles.

Ces décès prématurés et survenant brusquement, sont souvent la conséquence de pathologies passées inaperçues et dont l’issue fatale arrive très rapidement, quelquefois en quelques heures.

Voici point par point, les différentes raisons évoquées par Jeanne Brugère-Picoux.

• Septicémies virales et bactériennes

La septicémie, également appelée « sepsis » est une infection généralisée qui se propage à tout le corps par le sang. Cette infection peut être d’origine virale ou bactérienne. Elle se déclare très vite et conduit à la mort en quelques heures.

Les maladies virales pouvant conduire à une septicémie, susceptible d’emporter votre poule en une journée sont par exemple l’influenza aviaire, la maladie de Newcastle.

Les maladies septicémiques bactériennes sont nombreuses et les plus dangereuses sont dans leur forme suraiguë. C’est celle qui provoque la mort très rapidement.

On peut citer par exemple : les salmonelloses, le choléra aviaire, le rouget, la colibacillose, la listériose etc.

Il suffit donc que votre poule soit atteinte d’une maladie virale ou bactérienne sans développer de symptôme particulier apparent, pour qu’elle meurt d’un jour à l’autre.

• Mort subite d’origine toxique

Certains aliments en excès ou autres substances toxiques peuvent être néfastes aux poules. Par exemple, une intoxication due au sel en excès, une intoxication par le plomb (saturnisme) ou encore par le gaz (pour les élevages en hangar).

• Mort subite due aux carences

Certaines carences peuvent également entraîner une mort subite chez la poule.

Citons celles en biotine, plus communément appelée vitamine B8 que l’on trouve dans les oléagineux, la luzerne et les levures sèches.

La carence en potassium, que l’on trouve dans les légumineuses (lentilles, pois cassés, soja fèves etc.).

Et enfin le manque d’eau, surtout en été qui peut conduire  à une déshydratation et une mort rapide.

Attention à la déshydratation

Les premiers signes de déshydratation chez les poules sont assez visibles et doivent alerter : leur comportement devient très agité, elles peuvent émettre une sorte d’halètement comme si elles avaient du mal à respirer, en même temps elles ouvrent leurs ailes et gonflent leurs plumes…

Parallèlement à cet état agité, on peut aussi constater une grande pâleur de la face qui, en temps normal est rouge comme chez toutes les poules en bonne santé.

À l’étape suivante, les sujets ont du mal à se déplacer.

Survient ensuite un épisode de diarrhée important suivi d’un état apathique, auquel succède des convulsions, annonciatrices d’un décès éminent.

Si vous n’êtes pas présent et que rien n’est fait, le sujet décède rapidement.

• Coup de chaleur ou choc thermique

Même s’il est le plus souvent observé dans les élevages industriels en bâtiments fermés, le coup de chaleur n’est pas rare dans les petits élevages familiaux.

Rappelons à ce propos, que le poulailler doit être placé à l’ombre par forte chaleur, et quelles doivent avoir toujours de  l’eau à disposition.

Lorsque la température augmente, les oiseaux en général, commencement à consommer plus d’eau.

Pour réguler leur température corporelle, ils doivent rejeter la chaleur en haletant. Vous avez certainement déjà observé vos poules, bec ouvert, semblant avoir du mal à respirer.

Cet halètement crée une perdition d’eau qui doit aussitôt être remplacée afin de maintenir son équilibre dans le corps. C’est lorsque ce processus de thermorégulation ne fonctionne plus, qu’il peut entraîner la mort des volailles..

Les quatre phases du stress thermique évoluant vers le coup de chaleur

Source Docteur vétérinaire Jeanne Brugère-Picoux

1 – Température de confort : le maintien de la température s’effectue essentiellement par pertes passives.

2 – Augmentation de la température : l’animal lutte contre l’augmentation de la température corporelle en augmentant ses fréquences cardiaques et respiratoires.

3 – Température ambiante trop élevée : l’oiseau est couché avec des fréquences cardiaque et respiratoire élevées associées à une alcalose sanguine ( trouble de l’équilibre acido-basique du sang), et une déshydratation.

4 – Température excessive : celle-ci  provoque une détresse vitale avec pour conséquence une baisse de la fréquence respiratoire. L’évaporation est insuffisante si l’humidité relative est trop élevée. L’augmentation de la température corporelle provoque la mort de l’animal.

 Que faire en cas de coup de chaleur chez une poule ?

Emmenez votre poule dans un lieu frais comme une cave, un garage… Faites-la boire à l’aide d’une seringue. Il est possible de rajouter un peu de sucre dans la boisson.

On peut faire tremper ses pattes dans une bassine d’eau, pas forcément trop froide, juste à température ambiante.

Il faut lui donner de l’eau régulièrement jusqu’à ce que son état s’améliore. L’idéal est d’attendre 24 heures avant de l’introduire avec ses congénères.

• Entérites

L’entérite ulcéreuse

L’entérite ulcéreuse est provoquée par une bactérie anaérobie Clostridium colinum, omniprésente dans la nature.  On la retrouve en grande quantité dans les fientes des oiseaux touchés.  Les lésions les plus importantes sont retrouvées dans l’intestin, le foie et la rate.

Les lésions peuvent se propager insidieusement sans que l’éleveur ne s’en rende compte jusqu’au jour où il retrouve sa poule morte.

L’entérite nécrotique

L’entérite nécrotique est une affection sporadique aiguë, non contagieuse de l’intestin grêle des volailles causée par Clostridium perfingens. On la retrouve  le plus souvent dans le sol et l’eau douce, ainsi que dans les intestins et dans les fientes des oiseaux.

Elle provoque des lésions sur la muqueuse intestinale tout en favorisant  la production et la prolifération de toxines.

Dans la forme suraiguë de l’entérite nécrotique, on retrouve les volailles mortes sans raison apparente à moins de demander une autopsie au vétérinaire.

• Cardiomyopathies

Les affections cardiaques sont susceptibles également de provoquer une mort subite chez une poule pondeuse ou de chair.

Malheureusement, elles ne sont pas détectables à l’arrivée de vos poules chez vous.

La maladie du cœur rond du poulet

Il s’agit d’une atteinte cardiaque aiguë due à une dégénérescence du myocarde chez le sujet âgé de 4 à 8 mois. Le cœur atteint est pâle et hypertrophié.

La cardiomyopathie hypertrophique

Surtout observée chez le poulet de chair, cette affection est de cause inconnue. Le muscle cardiaque répond à une charge de travail excessive comme dans le cas des muscles hypertrophiés.

Chez le poulet de chair, un excès de volume cardiaque et corporel peut rapidement conduire à une augmentation de la pression au niveau du ventricule droit en raison de l’espace restreint pour la circulation sanguine dans les poumons.

Dans cet excès de volume, la paroi ventriculaire ne s’épaissit pas, mais c’est le volume du ventricule qui augmente.

• Histomonose

L’histomonose est une typhlo-hépatite parasitaire infectieuse, due à un protozoaire Histomonas meleagridis,  à l’origine surtout connue chez la dinde mais pouvant également affecter la poule.

On observe parfois une cyanose des appendices charnus de la tête d’où le nom de ″maladie de la tête noire« , et/ou une diarrhée de couleur jaune-souffre.

Les lésions sont en général très précoces et précèdent les premiers symptômes.  Elles touchent le foie, les reins, les cæcums.

Quand les symptômes extérieurs ne sont pas visibles, la mort est également brusque.

• Sarcocystose

La sarcocystose est une maladie parasitaire causée par Sarcocystis spp.

Lors d’une infestation massive, ils envahissent le système nerveux central, ainsi que les tissus musculaires squelettique et cardiaque.

D’autres localisations peuvent être observées : œsophage, encéphale, poumon, foie…

Encore une fois, les premiers symptômes passent inaperçus et la mort peut survenir soudainement.

C’est seulement à l’autopsie que l’on peut détecter l’infestation.

Pour conclure

La mort subite dans un poulailler familial peut malheureusement arriver chez n’importe quel éleveur.

Ces quelques pistes ne donnent pas la raison précis du décès quand il survient, car pour cela il faudrait faire procéder à une autopsie par un vétérinaire, mais elles permettent de comprendre que les symptômes précédant ces morts brusques ne sont pas forcément apparents.

Pour l’avoir vécu, je sais que c’est une situation difficile à vivre mais malheureusement cela fait aussi partie de l’élevage familial de poules.

Source 

Mes poules en bonne santé. Comment reconnaître, prévenir et traiter leurs maladies,  Docteur vétérinaire Jeanne Brugère-Picoux

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Poule's Club

Éleveuse familiale de poules depuis 2011, passionnée d'animaux et de nature, j'ai la chance de pouvoir allier mes connaissances en informatique à mes passions. Sur Poule’s Club, nous partageons avec vous l'expérience acquise au fil des années et les échanges que nous avons avec certains éleveurs professionnels. Je pense en particulier à Michel Audureau, qui a eu la gentillesse de nous transmettre son savoir.

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