Élever des poules

Votre poule pondeuse ne pond plus ? Et si c’était l’alimentation ?

Arrêt de ponte dû à une nourriture inadaptée

Quand la ponte se modifie, qu’une poule pondeuse ne pond plus, il est légitime d’en chercher la cause. Quelquefois, il n’est pas nécessaire d’aller la chercher très loin : l’alimentation est souvent la réponse à ce problème.

Quand on me pose la question du pourquoi d’un arrêt de ponte sur la page Facebook de Poule’s Club ou par mail, je m’intéresse toujours en premier lieu à la nourriture donnée aux poules concernées par ce changement.

Depuis quelques années un phénomène nouveau est apparu : les poules réductrices de déchets. C’est également à cette période que certaines communes ont commencé à « distribuer » poulaillers et poules pondeuses à ceux qui souhaitent tenter l’expérience. Ici et là, les médias ont copieusement relayé l’info, ainsi il n’en fallait pas plus pour que la poule devienne assez curieusement, digne d’intérêt.

Cependant, il faut savoir que la fabrication de ses œufs demande à la poule une alimentation correspondant à des besoins nutritionnels, et lui donner ses déchets alimentaires ou restes de repas salés et/ou sucrés perturbe cet équilibre. À plus ou moins long terme, se mettent alors en place des carences alimentaires néfastes au processus naturel de production des œufs.

Voyons maintenant comment une alimentation inadaptée peut influer sur la qualité de la ponte chez nos poulettes.

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Fabrication de l’œuf : rappel des besoins nutritionnels dans l’alimentation de la poule

Pour fabriquer ses œufs, la poule a des besoins spécifiques, principalement en protéines et calcium.

Il lui faut environ 24 h à 28 h pour fabriquer un œuf à la coquille lisse et brillante, au blanc épais et au jaune vif ou orangé.

D’après L’Inra, le processus de minéralisation de la coquille de l’œuf chez la poule, est l’un des plus rapides du monde vivant.

Besoins en nutriments pour la fabrication de la coquille de l’œuf

Le besoin en calcium doit être fourni dans les aliments, mais la poule peut aussi puiser du calcium dans ses réserves médullaires pour former la coquille.

Os médullaire : réseau de travées osseuses situé dans la cavité médullaire qui constitue une réserve de calcium facilement mobilisable au moment de la formation de la
coquille.

Le calcium contenu dans l’alimentation vient reconstituer ces réserves médullaires lorsqu’aucune coquille n’est formée et les jours non productifs. Si elle n’est pas reconstituée à cause d’une insuffisance de calcium alimentaire ou si d’autres nutriments sont insuffisants, cette réserve peut s’épuiser en 10 à 14 jours.

Qualité de la coquille de l’œuf

Voici ce que nous dit Hyline sur la qualité de la coquille d’un œuf : «La qualité de la coquille ne peut être maintenue que si les aliments de la poule pondeuse contiennent des niveaux appropriés de calcium, de phosphore et de vitamine D. D’autres oligo-éléments comme le magnésium, le fer, le cuivre, le manganèse, le zinc, la vitamine K et certains autres acides aminés servent au transport du calcium et au renouvellement des cellules osseuses. Certaines vitamines B (acide folique, niacine, B12) ont même montré des effets bénéfiques sur la qualité de la coquille».

Besoins en nutriments pour la fabrication du blanc et du jaune d’œuf

• Le blanc de l’œuf (albumen)

Le blanc de l’œuf encore appelé albumen, est constitué à 12,5% d’une protéine du groupe des albumines : l’ovalbumine, qui représente plus de 50% du poids total protéique du blanc. Il contient également de l’eau (87%) et des minéraux (moins d’1%). En excluant le poids de la coquille, le blanc représente 2/3 du poids de l’œuf.

• Le jaune de l’œuf (vitellus)

Le jaune de l’œuf encore appelé vitellus, représente 1/3 du poids de l’œuf (coquille omise) et il est en majeure partie composé d’eau (50%), de lipides (32%) et de protéines (16%). Il contient naturellement de la vitamine D.

Source › http://tpe-oeuf-duby.e-monsite.com

Un abaissement du taux protidique alimentaire (taux de protéines), entraine une réduction du poids de l’œuf portant davantage sur le blanc que sur le jaune.

Plus le taux de protides (protéines) baisse dans l’alimentation de la poule pondeuse, plus il entraine une baisse du poids du blanc et du jaune de l’œuf.

Source Bernard Sauveur – Inra

Source › www.hyline.com

Carences alimentaires et baisse de ponte

Vous l’avez compris, toute carence en protéines, minéraux, oligo-éléments et autres éléments nutritionnels importants, perturbe le cycle naturel de la fabrication d’un œuf et entraine une baisse, voire un arrêt de ponte.

Quand elle aura puisé dans ses réserves, la poule ne pourra plus fabriquer d’œufs. La solution est alors de revoir son alimentation pour résoudre ce problème et l’aider à reconstituer son stock naturel de protéines, calcium et autres nutriments indispensables.

Le problème des déchets alimentaires

Comme nous l’avons déjà évoqué au début de cet article, les déchets alimentaires ou restes de repas salés /sucrés posent problème à plus ou moins long terme dans le processus de fabrication de l’œuf.

On assiste alors a des excès, autant dans la composition des restes, non adaptée aux besoins nutritionnels des poules que dans la quantité qui les rassasient trop vite, les empêchant de se nourrir d’aliments correspondant à leur exigence.

En plus de la baisse ou arrêt de ponte, surviennent alors des maladies et/ou des problèmes de surpoids

Il est facile de gérer ses restes de repas soit en les transformant, soit en les congelant comme nous l’avons toujours fait avant que nous n’élevions des poules.  Ainsi, les restes de pâtes cuisinées, de gratins, de pizzas etc, n’ont théoriquement rien à faire dans les plats de vos poulettes.

Ne l’oubliez pas, nos poules ne sont pas « gourmandes », elles se nourrissent pour survivre, et pondent pour perpétuer leur espèce.

Si vous souhaitez leur donner quelques « friandises », donnez-leur plutôt des aliments adaptés à leurs besoins nutritionnels (protéines, calcium et phosphore), comme par exemple des insectes séchésInsectes séchés pour les poules

Et les épluchures ?

Dans ce nouveau projet de poules réductrices de déchets, il n’est pas fait mention que de restes de table, on parle également d’épluchures diverses.

Epluchures de légumes : les poules n'en veulent pas !
Cuisiner ses épluchures de fruits et légumes

Nombre d’éleveurs ont pu constater que très peu d’épluchures plaisent aux poules, peut-être celles de certains fruits comme les poires ou pommes… Et encore… Elles préfèrent nettement un fruit ou un légume entier, ce qui est logique.

Bien sûr que dans les fermes on jette aux poules les restes d’épluchures, mais les rats et les souris en mangent une grande partie. De plus, ces poules sont destinées aux œufs pendant seulement quelques mois, et à la chair. Aussi elles ne vivent pas longtemps et n’ont guère le temps d’avoir de carences ou de tomber malades.

Pour ma part, je ne donne aucune épluchure à mes poules, préférant les garder pour mon compost comme je l’ai toujours fait. D’ailleurs, il fut un temps où les communes distribuaient des composteurs… Mais L’Europe est passée par là et a donné des subventions aux communes pour les poules pondeuses. Mais que vont-ils bien pouvoir trouver après ?

On peut aussi les cuisiner ! Des idées ici › Cuisiner ses épluchures de fruits et légumes

La solution pour une poule qui ne pond plus : revoir son alimentation

Vous l’avez compris, si vous êtes dans ce cas et que vous donnez à vos poules une alimentation inadaptée riche en sel, en sucre et en nutriments inutiles pour elles, alors vous aurez à plus ou moins long terme des problèmes de ponte dans votre poulailler. Viendront s’ajouter par la suite d’autres problèmes liés aux maladies.

Quand une poule ne pond plus, une des premières cause à rechercher est celle liée à une alimentation trop pauvre en calcium, protéines, phosphore, minéraux et oligo-éléments.

Nous avons déjà rédigé un article complet sur l’alimentation des poules pondeusesAlimentation poules pondeuses

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Poule's Club

Éleveuse familiale de poules depuis 2011, passionnée d'animaux et de nature, j'ai la chance de pouvoir allier mes connaissances en informatique à mes passions. Sur Poule’s Club, nous partageons avec vous l'expérience acquise au fil des années et les échanges que nous avons avec certains éleveurs professionnels. Je pense en particulier à Michel Audureau, qui a eu la gentillesse de nous transmettre son savoir.

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8 Commentaires

  1. Bonjour Martine, il me semble que tout cela est bien diversifié 🙂 Si vos poules se portent bien, qu’elles ne sont pas grasses et que leur ponte est régulière en fonction de leur âge bien sûr, car comme vous le savez, la ponte baisse au fil des années et elles pondent par cycles, alors tout va bien 🙂

  2. Merci pour les infos !!!
    A l’automne je ramasse toutes les citrouilles que les épiciers ne se servent plus ,je les vide et garde les graines que je fais sécher et misent en poudre ,je cuit la chair et la met en purée j’ajoute du gruau et laisse gonflé et par la suite je congèle dans des pots individuels .
    A chaque jour a l’hiver je décongèle un pot et ajoute des coquilles d’oeufs écrasées 1 tasse de graine de citrouille en poudre et un peu d’huile d’olive ,ceci est leur petit déjeuner . Je peux faire la même chose avec des carottes pour chevreuils qui revient a 5$ pour un 20 kl.
    Je met des vitamine Poules-Vite dans leur eau et leur mangeoire sont remplie de granules de poule ponte et de grains mêlées et de la coquille d’huître .

    Dites-moi si cette alimentation est complète pour mes poulettes ou bien si c’est trop ou que me manque-t’il??

    Un gros merci !!!!!

  3. Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant. Je suis ravie que vous releviez l’absurdité de cet encouragement tous azimuts à prendre des poules « poubelles » …. qui vont se retrouver dans toutes sortes d’environnements non adéquats pour elles.
    À ce propos, je voudrais faire une remarque dont il n’a pas été fait mention au sujet de l’alimentation des poulettes: Pour moi, c’est le milieu de vie qui doit en priorité être pourvoyeur naturellement de tout ce dont elles ont besoin. Cela veut dire un espace suffisant en regard du nombre de poules pour qu’il y ait toujours de l’herbe avec un parcours varié offrant des réservoirs à insectes. Je donne régulièrement du blé et du maïs l’hiver mais le reste de l’année mes poulettes parviennent sans difficulté aucune à se nourrir dans leur espace de vie. D’ailleurs, si je leur donne du grain, elle le boude.
    Par ailleurs, j’acquiesce quand vous dites que les épluchures ne sont pas faites pour les poules. Moi aussi, je leur donne des fruits entiers, qu’elles adorent. Elles raffolent du raisin par exemple et je je leur râpe des carottes. Je leur coupe des morceaux de chou dont elles sont friandes également. Alors on me dit que je les ai mal habituées … je n’insiste pas.
    Il est à noter que pendant la période de la mue, les poulettes s’arrêtent de pondre.
    Et enfin, certaines races sensibles accuseront des modifications de la ponte en fonction des évènements stressants de leur vie.
    Une poulette Marans a cessé de pondre définitivement du jour où l’autour des palombes est venu faire une visite et a tué sa « copine ». J’ai constaté que les Marans d’ailleurs étaient très délicates et inconstantes, en matière de ponte; mais cela est un autre débat.
    Très belle soirée à tous.
    KTI

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