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Michel Audureau répond à Poule’s Club

J'éleverais bien des poules - Michel AudureauChez Poule’s Club nous avons lu beaucoup de livres sur l’élevage des poules et notre préféré reste encore aujourd’hui celui de Michel Audureau : « J’élèverais bien des poules ! » Éditions Terre Vivante. Il s’agit du livre qui nous paraît le plus complet et le plus agréable à lire.

Michel Audureau a bien voulu répondre à nos questions.

1/ Bonjour Michel, merci de bien vouloir répondre à mes questions. Vous êtes éleveur de poules depuis une vingtaine d’années et auteur  du livre « J’élèverais bien des poules » paru aux Éditions Terre Vivante que je consulte régulièrement car il est très riche en informations. Aujourd’hui élever des poules devient de plus en plus répandu, même en ville. On parle beaucoup de poules réductrices de déchets, que pensez-vous de ce nouveau phénomène ?

Michel Audureau : La réduction des déchets est une porte d’entrée pas plus mauvaise qu’une autre pour provoquer un retour de l’élevage familial et de

Photo Patricia Méaille

Photo Patricia Méaille

l’autoconsommation. Le cadre urbain a ses limites mais il n’interdit pas, a priori, l’élevage sous certaines conditions de respects des besoins ataviques des volailles. La réduction des déchets par les poules a son intérêt. Toutefois il faut rester prudent, ce ne sont pas non plus des usines de retraitement. Une vision écologique implique qu’il ne peut y avoir de solution unique, mais un ensemble de solutions pour un problème unique. Les poules en sont une parmi d’autres.

2/ Pensez-vous qu’il faille craindre comme aux Etats-Unis une baisse d’engouement  pour les poules et l’apparition d’abandons massifs comme  il en existe déjà là-bas, en sachant qu’en France on commence déjà à assister à des abandons de poules ?

Michel Audureau :  Pas vraiment, pour plusieurs raisons :

– La société française n’évolue pas tout à fait sur les mêmes ressors que l’américaine,

– La mode, phénomène médiatique incontestable, n’est peut être pas aussi prégnante sur le terrain que dans la presse.

– Les projets municipaux que je connais sont assez maîtrisés et se déclinent dans le temps. On fait un premier test sur quelques foyers qui s’engagent sur un certain nombre de choses, on en tire un bilan et on voit ensuite si on peut étendre le projet.

Reste les projets individuels non réfléchis et donc non maîtrisés. Ce n’est malheureusement pas nouveau. Ce sont les poules aujourd’hui, hier c’était le chat ou le chien, tout aussi inacceptable. J’y vois plus un transfert sur la poule qu’un phénomène nouveau qui ne me semble pas devoir empêcher le développement de l’élevage en ville, mais plutôt souligner la nécessité de l’accompagner. Une mode, par principe, est soudaine et donc en corollaire non maîtrisée. 

3/ Quels conseils donneriez-vous à de futurs éleveurs familiaux de poules ?

Michel Audureau :  Lire mes livres ! Ce n’est qu’une demi-plaisanterie, car mes livres sont écris sous l’angle de l’accompagnement du développement de l’élevage familial.

Élever des volailles c’est très simple. Trop ! L’animal, on le sait depuis quelques jours, est un être sensible et non un bien meuble. Cela implique, malgré l’apparente facilité, de se poser un certains nombre de questions et de trouver leur réponses avant de se lancer. Les problèmes surviennent lorsqu’on se trouve confronté à des situations qu’on avait pas anticipées.

Pour résumer, ce qui ne saurait remplacer quelques lectures documentées :

  • Mettre tout en œuvre pour le respect des besoins ataviques des animaux.
  • Maintenir une hygiène irréprochable.
  • S’être renseigné sur les risques de prédation (il y a des prédateurs en ville).
  • Connaître les besoins alimentaires de ces animaux et ne pas préjuger.
  • Avoir apprécié les contraintes d’un tel élevage.
  • Avoir mesuré ses conséquences sur l’environnement et le voisinage. 

4/ Vous êtes fervent défenseur des races régionales et vous effectuez beaucoup de recherches au niveau des qualités de ponte et gustatives de certaines d’entres elles : Géline de Touraine, Gournay, Coucou de Rennes, Faverolles…  Où en êtes-vous de ce projet ?

Michel Audureau

Michel et sa poule de cristal !

Michel AudureauLes tests gustatifs font ressortir une différence incontestable entre une race pure locale, qui a mis 6 mois pour arriver à maturité, et un bon gros poulet label du marché qui n’aura mis que 4 mois. Dans le premier cas on peut apprécier une longueur en bouche, une variété de parfums et une finesse de chair incomparables. Dans le second, la texture de chair est plus grossière, le goût agréable mais explosif et sans lendemain.

Quant à comparer les races pures entre-elles – mon projet initial – je dois reconnaître avec l’expérience que cela n’a guère de sens.

Toutes les races pures ne sont pas de bonne qualité gustative. De ce point de vue une sélection est à faire. Mais pour les très bonnes, nombreuses, il existe entre toutes des différences de goût. Je suis arrivé à la conclusion que chaque race (sous condition de conduite d’élevage identique) a son goût, ses subtilités propres. Mais on ne saurait dire de manière définitive qui est meilleur ou qui est moins bon. C’est une histoire de différences qui ne sauraient être hiérarchisées mais appréciées différemment.

Les dégustations font aussi ressortir l’aptitude de certaines volailles à être rôties quand d’autres, les chairs fines et compactes, se sublimeront dans une préparation en cocotte.

Michel merci d’avoir pris la peine de répondre à nos questions, à très bientôt !

À propos Poule's Club

Passionnée d'animaux et de nature, j'ai la chance de pouvoir allier mes connaissances en informatique à mes passions. Sur Poule’s Club, nous partageons avec vous l'expérience acquise au fil des années et les échanges que nous avons avec certains éleveurs professionnels. Je pense en particulier à Michel Audureau, qui a eu la gentillesse de nous transmettre son savoir.

2 commentaires

  1. Je lis beaucoup sur les poules, je possède « j’élève rais bien des poules » de Michel Audureau » recommandé par la Ferme de Kerec, d’où viennent mes six poulettes. Ce livre est parfait Bravo ! Mais, car il y a un mais je n’ai trouve aucune information sur les plantes dangereuses au jardin, pour les poules style digitales, ifs, rhubarbe et j’en passe. Si un livre existe afin de me fournir des réponses pourriez-vous me donner les références. Je ne peux pas tout arracher. La cytise (toxique) est énorme. Merci

    • Bonjour, un livre traitant uniquement de ce sujet n’existe pas à ma connaissance. Si vous avez un doute sur la toxicité d’un arbuste, il vaut mieux dans ce cas faire en sorte que vos poule ne puissent pas y accéder, en l’entourant d’un grillage par exemple. En sachant que, normalement, les poules ne sont pas attirées par ce type de plantes.
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      Et si vous deveniez un éleveur œufs’reux ? Découvrez notre Guide pour élever vos poules en évitant stress et maladies : CLIQUEZ ICI – Les vidéos d ‘Hervé Husson La poule à la loupe, un condensé d’images et d’informations pour tout savoir sur les poules : CLIQUEZ ICI

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